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La récré est finie
Un juge impose des peines importantes à des voleurs roumains
Daniel Renaud
Journal de Montréal
Fraudes
Nicolae Dobre condamné à 36 mois de pénitencier
Quatre détrousseurs roumains qui s’en prenaient aux personnes âgées ont été condamnés hier à des peines allant jusqu’à trois ans et demi de prison. Ces sentences devraient maintenant faire jurisprudence au Québec, où ces crimes commencent à être dénoncés.
Les enquêteurs de la section des Fraudes et leurs collègues du Centre opérationnel Est de la police de Montréal font figure de pionniers dans les enquêtes sur ces vols à grande échelle, car c’est souvent en visionnant des heures de vidéo qu’ils se sont rendu compte que les mêmes visages revenaient et qu’il s’agissait de réseaux bien organisés.
Les quatre suspects qui ont reçu leur sentence hier, Florentin Gurzu, Nicolae Dobre, Felicia Fulga et Angela Dragos, faisaient partie d’un groupe qui a écumé plusieurs villes, de Montréal à Trois-Rivières, en passant par Sherbrooke et Joliette, entre octobre 2010 et avril 2011.
Ils entraient dans des commerces et se plaçaient derrière leurs victimes, des personnes âgées pour la plupart, et les observaient lorsque ces dernières composaient leur NIP à la caisse.
Une fois que la victime sortait du commerce, ils l’abordaient à plusieurs, lui demandaient leur chemin, pendant qu’un complice volait le portefeuille de la proie, à l’insu de celle-ci.
Les suspects se rendaient ensuite au guichet automatique pour vider le compte de leur victime.
Au total, le montant des vols commis par les suspects s’élève à au moins 200 000 $.
Mode de vie
Gurzu, qui a des antécédents de vol qualifié, a été condamné à trois ans et demi de prison, Dobre, à trois ans, Fulga à un an et demi et Dragos à une sentence suspendue.
Il faut déduire de ces sentences, ou tenir compte dans le cas de Fulga, de la détention préventive de plus de 13 mois.
Dans sa décision, le juge Denis Mondor de la Cour du Québec a dénoncé ces crimes « continus issus d’un mode de vie » visant des victimes ayant parfois plus de 90 ans.
« Des gens qui aspirent à une vie paisible, à vivre de leur peu gagné et qui ne s’attendent sûrement pas à se faire prendre leur argent de cette façon », a-t-il dit.
Fait à noter, des détenus qui ont lu l’affaire dans le Journal de Montréal ont fait un mauvais parti à Gurzu qui a été transféré dans une autre prison.
Or, celui-ci s’est plaint des désagréments de ce transfert et a demandé qu’en guise de réparation, chaque jour de détention préventive soit compté en journée et demie.
Une demande qui a essuyé une fin de non-recevoir de la part du juge qui a fait valoir poliment à l’accusé que ce dernier n’hésitait déjà pas à se déplacer d’une ville à l’autre pour ses vols.
Des renvois ?
Pour ce qui est de l’accusé Dobre, le juge a souligné le fait que deux ans à peine après son arrivée au Canada en 2009, il faisait déjà l’objet d’une kyrielle d’accusations de vols.
Gurzu et Dobre ne sont pas citoyens canadiens et des procédures de renvoi pourraient être amorcées à la suite de ces condamnations.
Jurisprudence
Lors de leurs plaidoiries, les avocats se sont référés à des sentences rendues dans des dossiers de télémarketing puisqu’il n’y a pas de jurisprudence en matière de vols à grande échelle commis par des réseaux organisés.
Les sentences rendues hier par le juge Mondor feront donc vraisemblablement jurisprudence
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