saisies de maison,elles bondissent en juillet
Simon Lord
Agence QMI
Les Québécois étaient 27 % plus nombreux à remettre leurs clefs de maison à la banque en juillet comparativement au mois de juin, et 61 % plus nombreux qu’au même mois l’an dernier. Le nombre de préavis laisse présager de sombres mois à venir.
«Ces chiffres envoient le message que le party achève dans le marché résidentiel, a fait savoir Martin Provencher, auteur et spécialiste de l’immobilier. Les Québécois sont très endettés et l’aiguille du sismographe commence à bouger.»
Le nombre de délaissements de résidences en juillet dernier a atteint 229, pour une valeur associée s’élevant à plus de 39,3 millions $, selon GDL Crédit Ressource. Cela signifie que la valeur moyenne des délaissements se situait à près de 172 000 $.
Ces chiffres témoignent d’une tendance plus large : les finances des Québécois s’enfoncent dans le rouge. D’avril à mai dernier, le nombre de dossiers d'insolvabilité déposés par des consommateurs québécois a crû de 6,5%.
«Ça se ressent chez nous, a dit Pierre Fortin, dirigeant de Jean Fortin et associés, une firme syndic de faillite. Un an ou deux après la crise, la santé financière des consommateurs s’était améliorée. Mais depuis quelque temps, on semble être en rechute. De plus en plus de gens passent par nos bureaux.»
Le ratio de la dette des ménages canadiens par rapport à leur revenu disponible s'élève à 153%, selon les plus récents chiffres de Statistique Canada. Plus de 68% de ce montant est relatif à leur emprunt hypothécaire. L'endettement moyen au pays pourrait atteindre les 160% d'ici la fin de 2013, selon des prévisions de la Banque TD.
Au Québec, la situation est moins dramatique, mais tout de même inquiétante. Le taux d'endettement se situe plutôt aux environs de 125%, selon des chiffres de la Fédération des chambres immobilières du Québec. Les trois quarts de ces créances sont relatifs à un emprunt hypothécaire.
Tempête à l’horizon?
Les banques envoient des avis à leurs clients qui sont en retard de paiement indiquant qu’ils doivent payer à l’intérieur de 60 jours. Le nombre d’avertissements envoyés est donc un bon indicateur de ce qui est à venir.
Or, le nombre de préavis s’élevait le mois dernier à 829. Il faut remonter à mars 2012, 2011 et 2010 pour trouver de tels sommets. Environ le quart des préavis se transforment en reprise de propriété, a expliqué Daniel Langlois, propriétaire de GDL.
«Je crois qu’il y a une tendance qui se dessine et que le nombre de délaissements pourrait croître au cours des prochains mois, a-t-il expliqué. Je crois que nous retournons vers les sommets de 2010.»
Il a cité en exemple un couple séparé qui vient de recevoir un préavis et qui doit plus de 2600 $ à la banque. «Malheureusement, je crois qu’ils se retrouveront bientôt dans la liste des délaissements», a poursuivi Daniel Langlois.
Pierre Fortin prévoit lui aussi une aggravation de la situation à l’automne. «Durant l’été, les gens se laissent aller, mais reviennent habituellement à la réalité quand les feuilles commencent à tomber», a-t-il ajouté.
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