IL EXPLIQUE SON SILENCE SUR L’AFFAIRE VAILLANCOURT
Ménard craignait une « guerre »
OTTAWA | C’est parce qu’il craignait que le maire de Laval, Gilles Vaillancourt, ne lui livre une guerre sans merci que le député du Bloc québécois, Serge Ménard, a gardé le silence pendant 17 ans sur la présumée enveloppe de 10 000 $ en argent comptant
DOMINIQUE LA HAYE
Le Journal de Québec
Le député Denis Coderre a posé des questions à Serge Ménard, hier, au comité parlementaire à Ottawa.
« Si je ne voulais pas que ça me retombe sur le nez et que j’aie cet affrontement public avec le maire Vaillancourt, je ne devais pas en parler » , a justifié M. Ménard, hier, alors qu’il était invité à témoigner devant un comité parlementaire à Ottawa chargé de faire la lumière sur ces allégations.
M. Ménard a expliqué qu’il craignait alors « une explosion médiatique » .
À cette époque, il était candidat pour le Parti québécois à une élection partielle dans Laval-des-Rapides en 1993. Néophyte en politique, sa crédibilité acquise comme avocat criminaliste n’aurait, selon lui, pas fait le poids contre celle du maire de Laval auprès de l’opinion publique.
« Je l’avoue, ( le dénoncer) m’aurait fait très mal, parce que c’est certain que ça aurait été une guerre épouvantable. Il ( le maire) aurait tout fait pour me discréditer à l’époque. Et à l’époque je n’avais pas le passé de ministre de Sécurité publique que j’ai maintenant derrière moi » , a-t-il expliqué.
« Aucun crime »
M. Ménard a aussi expliqué son silence par le fait qu’aucun crime n’avait été commis au sens de la loi et qu’ayant refusé l’argent, il n’avait pas de preuve à rapporter à la police. Dans pareil cas, ce serait sa parole contre celle du maire.
Le député a raconté que l’offre du maire s’était produite un soir, lors d’une rencontre à l’hôtel de ville de Laval. Les deux hommes ont alors discuté entre autres des dossiers locaux, avant que le maire ne lui tende une enveloppe blanche remplie d’argent.
« Là, je l’ai vu épouvantablement rouge, la sueur lui perlait au front, la main lui tremblait, il a ramassé son argent puis moi j’ai pris la porte quelques instants après » , a-t-il raconté.
Questionné par le comité au sujet de lettres qu’il a écrites au maire et dans lesquelles il le félicitait et dit de lui qu’il est « quelqu’un d’extrêmement compétent » ,
M. Ménard a rétorqué qu’il avait choisi durant sa carrière politique de « collaborer » avec M. Vaillancourt tant que « les nombreuses allégations » sur le maire « ne seraient pas prouvées » .
Il a été impossible de joindre le maire Vaillancourt, hier.
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